LES PIERRES


Charpignon dit en 1864 :
« Depuis les pierres attachées au pectoral du pontife hébreux et à la ceinture des prêtres de Cybèle, depuis les pierres figurées en scarabées, en main, en cercle et portées au cou de tous les Orientaux des Grecs et des Romains, jusqu’aux camées de nos dames modernes, tous ces objets figurent le talisman magique à l’antique et mystérieuse puissance. » (1)

Dans les croyances populaires, toutes les pierres précieuses et semi-précieuses préviennent  et guérissent  les maladies:

Le cristal de roche placé sous son oreiller favorise un bon sommeil et  empêche les cauchemars. Il  soulage les douleurs de la colonne vertébrale, les maux de tête, accélère  la cicatrisation.
Le diamant est utilisé contre la goutte et la jaunisse, il était  recommandé de faire tremper un diamant toute une journée dans de l'eau et de  boire ensuite le liquide.
L'émeraude portée au bras a le pouvoir de combattre les  crampes. Au cou, elle agit contre la fièvre. Les rayons émis par  la pierre sont si puissants contre le mal que même les serpents en sont aveuglés.
Les perles bien préparées peuvent rendre la parole  aux muets.
Quant au saphir, on doit le porter continuellement sur la poitrine, à même la  peau, pour chasser la mélancolie et la fièvre et pour être empli de  pensées pures et bienveillantes.

L'ambre  occupe une place privilégiée tant sont vastes ses pouvoirs: en 1644
"[L’ambre] est en premier lieu ami du cœur: partant il guérit la syncope; les manquements et les défaillances, la palpitation du cœur, et chasse les maladies contagieuses, et défend le cœur contre toute sorte de venin. Car tout aussi que le baume, il recrée les esprits du cœur, il augmente leur force, et les rend purs et subtils. Il n’est pas moins propre pour le cerveau que pour le cœur. Car il le corrige lorsqu’il est appesanti de trop d’humeur, et partant, il empêche le vertige, l’épilepsie, l’apoplexie, le défaut de mémoire, la léthargie, paralysie et autres maladies qui proviennent du cerveau, que non seulement il guérit, mais il empêche d’y tomber, il guérit ceux qui ont courte haleine, il délivre ceux qui sont travaillés de difficultés d’urine, et du calcul. Il fait sortir les eaux des hydropiques dans peu de temps, en provoquant l’urine. Il adoucit la chaude pisse, l’hémorragie, et les difficultés de l’intestin, il apaise aussi le mal de dents, il provoque les mois retenus, il arrête les fleurs des femmes, il empêche et guérit la suffocation de la matrice par une force particulière, il retient l’enfantement et la matrice, et s’il est difficile il le rend facile, il remédie aux catarrhes et aux maux de goutte et jointures, il purge les reins et la matrice, il corrige toutes les maladies du ventricule et purge ses tuniques des humeurs vicieuses qui le gâte, et empêche qu’aucune corruption ne s’y engendre, ni aucune douleur. » (2)

LA TERRE


 Au  17ème siècle:

« La terre Lemnia, ou bol d’Arménie de Levant croît en l’île de Stalimene et se trouve en une baume caverneuse, qui est en certain marais. Les gens du pays amassent cette terre et l’incorporent au sang de chèvre [...] Cette terre est fort singulière contre tous poisons: car étant prise en breuvage avec du vin, ou bien avant le repas, elle fait vomir et jeter hors tous les poisons. Elle est pareillement bonne à toutes piqûres ou morsure de bêtes venimeuse [...] Cette terre est bonne aux dysenteries et flux de ventre. » (3)

Au 20ème siècle, en parlant de l'argile:

"Incontestablement, c’est une force intelligente, bienfaisante, qu’il faut avoir expérimentée pour concevoir l’ampleur de son action. Traitée par l’argile, une plaie purulente guérit à un rythme étonnant.
Un autre fait: l’argile va là où est le mal. Utilisée en usage interne, aussi bien par voie buccale, anale ou vaginale, l’argile se dirige vers le foyer morbide et s’y fixe parfois pendant plusieurs jours pour, finalement, entraîner pus, sang corrompu, etc., dans son évacuation.[...]
 L’argile ne fait pas que guérir la constipation ou les diarrhées, ce qui n’est déjà pas si mal, elle agit sur tous les organes, dans tout l’organisme.
Continuant son travail d’épuration, elle le poursuit dans le sang, qu’elle nettoie et enrichit. La même cuillerée à café d’argile peut guérir une furonculose rebelle et une anémie tenace. » (4)



LES AIGUILLES ET LES MASSAGES

L'acupuncture


En 1841:
"Des malades [souffrant de spermatorrhée] ont été soulagés et guéris par l'application d'aiguilles à acupuncture dans le périné, à la racine des bourses, au pourtour de l'anus" (4bis)

En 2007:
« En dépit de l'absence d'appui scientifique, l'acupuncture est utilisée dans le traitement de la dépression, des allergies, de l'asthme, de l'arthrite, des problèmes de reins ou de vessie, de la constipation, de la diarrhée, du rhume et de la grippe, des étourdissements, de la dépendance au tabac, de la fatigue, des problèmes gynécologiques, des maux de tête, de la paralysie, de l'hypertension, du syndrome prémenstruel, des sciatiques, des problèmes sexuels, du stress, des tendinites et des troubles de vision. » (5)

L'auriculothérapie et la reflexologie se réclament de l'acupuncture.

« Grâce à la réflexologie plantaire, vous pouvez venir à bout de nombreux problèmes de santé :  Constipation; diarrhées; jambes lourdes; sciatiques, lombalgies, post traumatismes; stress, troubles nerveux; drainage lymphatique; allergies, problèmes de peaux; douleurs prémenstruelles, ménopause." (6)


Beaucoup moins ambitieux, le bracelet qui prévient et soulage les effets nauséeux liés au mal des transports, dont les vendeurs affirment:
« efficacité immédiate, basé sur le principe des points d’acupuncture. Aucun effet secondaire» (7)





En 2008:
"La sympathicothérapie est une réflexologie endonasale particulière qui utilise des stylets métalliques.
La sympathicothérapie agit sur la troisième branche du nerf trijumeau en influençant le système neurovégétatif (orthosympathique et parasympathique) avec des conséquences réflexes à distance.
La stimulation de certains points ou de certaines zones du nez permet de traiter des pathologies fonctionnelles diverses. L’utilisation des huiles essentielles renforce la technique d’une manière certaine. 
Les principales indications de la sympathicothérapie : problèmes ORL (otites, sinusites, laryngites, rhinites allergiques …); toutes pathologies liées aux perturbations du système neurovégétatif ;
    ◦     troubles sexuels (impuissance, frigidité, …)
    ◦     affections endocriniennes
    ◦     problèmes cardio-vasculaires
    ◦     anxiété et dépression
    ◦     difficultés digestives (constipations, diarrhées, dyspepsie, …)
    ◦     céphalées, migraines …" (11)



LES BOUGIES AURICULAIRES




En 2008:

"L’objectif principal de ce traitement consiste à améliorer le système énergétique du corps, travaillant sur les points d’acupuncture dans l’oreille ainsi que le système lymphatique.
 La bougie est aussi extrêmement efficace pour agir en cas de sinusite, otite, migraine, excès de cérumen, acouphènes, etc. C’est aussi une bonne méthode pour favoriser la relaxation.
 En brûlant, la bougie dégage une vapeur chaude de microparticules de cire d’abeille, qui va réactiver les sécrétions, ramollir le cérumen et faciliter son extraction."
Source: Centre de Sophrologie et de bien être de Vieillevigne.





L'EAU



En 1556 :
« Les bains préparés avec eau douce sont de grands émoluments et profit, et plus ceux qu'on baille le soir que ceux du matin. Car après la viande, le bain a plus grand pouvoir de corriger l'intempérie des choses chaudes, principalemant en ceux qui sont de rare texture, secs, ayant le corps rempli d'humeur âcres." (8)

En 1895:
« L'influenza, si redoutée de nos jours, qui se répand de plus en plus, qui cause tant d'effroi aux hommes et en a fait périr des milliers, se guérit très facilement par de simples lotions. Si pendant huit, dix ou douze heures, on sort chaque heure de son lit pour se faire une lotion rapide, habituellement, au bout de deux ou trois lotions, on est couvert d'une transpiration abondante; si l 'on continue jusqu'à ce que toute fièvre soit tombée, au bout de ces huit dix ou douze heures, le malade est complètement guéri. Aucune autre application n'est nécessaire.[...]

 Le bain de pieds a une action toute particulière sur les organes de la voix. Je ne puis assez recommander le bain de pieds froid à ceux dont la voix est faible, ou qui ont de temps en temps une extinction de voix. Il agit aussi sur la tête et le cou, fait descendre le sang de la poitrine et du ventre vers le bas, en même temps qu'il fortifie et endurcit le corps entier. On peut aussi le  recommander avec succès dans les cas de constipation et de congestion dans le bas-ventre, surtout chez les femmes » (9)

En 1785
« Comme la médecine a reconnu de tout temps qu'il y avait des humeurs si grasses, si visqueuses, si adhérantes aux viscères et aux autres parties du corps, qu'il était impossible de les faire évacuer ni par la fréquente saignée, ni par les plus violents vomitifs et purgatifs, elle a eu recours aux bains, aux étuves, aux eaux minérales et aux sudorifiques pour les fondre, subtiliser et mettre en mouvement: et ayant observé que les corps les plus cacochymes et les maladies les plus invétérées cédaient quelquefois à la vertu de ces remèdes, elle en a établi si puisamment la réputation chez les Grecs et chez les Romains, qu'elle ordonna indifféremment l'usage aux sains et aux malades.

Mias comme l'inconstance est le partage de l'homme, et qu'il perd souvent le goût des meilleures choses pour ne pas réfléchir assez sur l'utilité qui lui en revient, que la plupart des médecins n'ordonnent aujourd'hui ces remèdes qu'à la délicatesse et à la molesse des malades, ou après avoir ruiné leur tempérament, dissipé leurs esprits et épuisé leurs forces, au lieu de les préparer à recevoir les effets salutaires qu'ils en attendent, je ne vois pas qu'il y ait lieu de s'étonner, si ces mêmes remèdes leur deviennent ou inutiles, ou funestes par le désordre de cette pratique, ce qui est d'une si grande conséquence, que je crois être indispensablement obligé de la rendre sensible à ceux qui la suivent aveuglément, et leur faire observer que c'est un moindre égarement d'ignorer la vérité, que de ne pas la suivre après l'avoir connue.

Comme pour faire transpirer et évacuer ces humeurs crasses et visqueuses, on a éprouvé inutilement les saignées, les vomitifs et les purgatifs, comme j'ai dit, et qu'on est forcé d'avoir recours aux bains pour avoir cet effet, il est bon de savoir que le bain du logis est meilleur que celui de la rivière, parce qu'on peut le prendre le soir et le matin, et qu'il fait du bien quand il est tiède, et quand on règle le temps de le prendre sur l'état présent des malades, qui est une demi-heure pour les faibles, et d'une heure ou plus pour les forts.
On peut de cette manière se baigner une ou deux fois le jour pendant huit ou dix jours de suite, en prenant chaque fois dans le bain un bouillon à la viande avec le jus d'une demie bigarrade ou quatre cuillérées de bon vin, et non pas du petit lait, comme on fait quelquefois par le plus cruel des abus.

Quand on manque d'observer ce temps dans l'usage du bain tiède, et qu'on l'étend à l'égard des faibles et des forts jusqu'à deux heures ou plus le matin, et autant le soir, le bain pour lors ramolit les chairs, affablit les nerfs, rend l'entendement stupide et hébété, et excite souvent des hémorrhagies et des défailances qui sont les avant-coureurs de la mort .[...]

Après que les malades ont été fatigués et rebutés de la conduite ordinaire de la Médecine, on les envoie pour toute ressource aux Eaux minérales. Mais comme on ne peut rien établir de ferme sur un fondement qui ne l'est pas, et qu'il y a peu à espérer de l'incertitude de l'art, que peut-on juger du succès des eaux, non plus que du bain du lait, que par l'épreuve qu'on en fait. A quoi doivent s'attendre ces pauvres valétudinaires, qu'on échauffe, dessèche et consume sans pitié, au lieu de les humecter et de les soutenir par de bons aliments et de facile digestion, qu'à la fatale nécessité de périr misérablement dans le lieu de ces eaux, ou en chemin, ou peu après leur retour, pour avoir négligé de prescrire quelque modération dans leur usage ?" (10)


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Sources:

(1) Etudes sur la médecine animiste évitaliste, Charpignon 1864
(2) Le parfait joaillier ou l'histoire des pierreries, Anselme Boece de Boodt, traduction française de 1644.
(3) Commentaire sur les livres de la matière médicale de Dioscoride, Pierre André Matthiole.
(4) L'argile qui guérit, Mémento de médecine naturelle, Raymond Destreit 1997.
(4bis) Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étranger. 1841
(5)
les sceptiques du Québec : http://www.sceptiques.qc.ca/
(6) Murielle Rouquet (naturopathe, reflexologue)
(7) revedemedecine.com, et profilnature.com
(8) L'onzième livre d'Alexandre Trallian traitant des gouttes, traduit du grec par Sébastien Colin  1556.
(9) Mon testament: conseils aux malades et aux gens bien portants  Mgr Sebastian Kneipp, traduit de l'allemand par un ancien professeur  1895
(10) Réflexions sur la théorie et la pratique d'Hippocrate et de Calien, Louis Cussac  1785
(11) Giles Delattre, ostéopathe. Site "MedNat", janvier 2008

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Pierres: améthyste et malachite
Eau: L'assiette au beurre  1904. Légende: "- Je crois qu'il est mort    - Dorénavant, évitez de les mettre à l'eau après le repas."