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Voici quelques pages de remèdes et médecines, passés et présents, où se mêlent les divinités, la magie, la pensée rationelle, les forces "naturelles" et surnaturelles, les mythes, les observations, les coutumes, les superstitions... et aussi le charlatanisme.




PRIERES



Si vous souffrez de maladie de peau, faites appel dans vos prières à Saint Roch qui guérit toute sorte de pestilences.

Saint Fiacre est le spécialiste des hémorroïdes;
Sainte Colette des pneumonies;
Saint Benoît soigne la varicelle, l'impétigo et les calculs rénaux;
Saint Laurent les brûlures, l'eczéma et le zona;
Sainte Agathe les affections mammaires;
Saint André les maux de gorge;
Sainte Anne la stérilité et les migraines;
Saint Georges les maladies vénériennes;
Sainte Rita, sainte des impossibles est invoquée pour la guérison des tumeurs;
Sainte Thérèse d'Avilla protège contre les maladies de cœur.
Sainy Rémy guérit la coqueluche;
Saint Quentin les foulures et les entorses;
Sainte Ode les maladies de la vue;
Saint Léopold les douleurs d'entrailles, brûlures et coliques;
Saint Antoine l'ermite: zona, peste, clous, mort subite, tumeurs.

La liste est longue..



OFFRANDES


« Les eaux du Lac Saint Andéol (Lozère) guérissent de tous les maux, le deuxième dimanche de Juillet, ceux qui s’y baignent après en avoir fait le tour le chapelet à la main. Les dartreux y jettent leurs pantalons et leurs chemises. Quelquefois les malades, ayant déposé leurs vêtements sur le rivage, s’avancent aussi loin que les pieds trouvent fond, et lancent des monnaies au large ; d’autres y jettent des gâteaux, du fromage, du pain et des objets de toute sorte. » (1)


"Manière de faire des voeux pour la santé des boeufs. Au milieu du jour transportez-vous dans une forêt, offrez à Mars Silvanus pour chacun de vos boeufs trois livres de farine de froment, quatre livres et demi de lard, quatre livres et demi de viandes succulentes, et trois setiers de vin. Vous ferez déposer le vin dans un vase, et les autres offrandes dans un autre. Peu importe que cette besogne soit faite par un esclave ou par un homme libre. La cérémonie terminée, vous consommerez l'offrande sur le lieu même. Ecartez du lieu du sacrifice la présence et les regards des femmes. Vous pourrez faire cette offrande une fois tous les ans, si vous le jugez à propos."  (1bis)





CONTACT AVEC DES OBJETS SAINTS

"La poussière des églises possède des vertus thérapeutiques: on met au cou des fiévreux un sachet contenant celle qui a été grattée avec les ongles au dessous du tombeau de Saint Gonery à Plougrescant (Côtes du Nord). Le malade atteint de fièvre, de migraine ou d’épilepsie balayait ou faisait balayer la chapelle de l’ancien château d’Even (Morbihan) en arrosant le sol avec de l’eau bénite; cet acte commençait avant la messe qui y était célébrée; à la fin le balayeur jetait au vent une poignée de poussière, et le malade devait être guéri dans huit jours. A Blain (Loire inférieure), les fiévreux se contentaient de nettoyer avec un balai de genêt la chapelle de Saint Roch. » (1)

« En Anjou, les maladies de la peau disparaissent lorsqu’on les lave avec de l’eau prise dans le bénitier de trois églises où le patient ne soit jamais entré, et il doit rester dehors pendant que la personne qui l’accompagne va puiser l’eau nécessaire à la lotion. En Haute Bretagne, il suffit pour guérir un panaris de le tremper dans le bénitier de l’église paroissiale, et de faire avec le doigt malade sept signes de croix sur la terre du cimetière. En Saintonge, on se délivrait de la fièvre en prenant une bonne lampée dans le bénitier la veille de Pâques ou de la Pentecôte." (1)


LES NŒUDS TELLURIQUES


Tout nu au pied d'un dolmen pour éliminer son stress:

"Sur la terre se trouvent des zones de concentration d'énergie vitale électromagnétique. Ces zones sont les noeuds telluriques. Ces noeuds telluriques sont un surcroît d'énergie vitale dû au croîsement de plusieurs champs de force, ce qui forme un centre de rayonnement tellurique très puissant. Choisissez des lieux où ces noeuds telluriques existent (des points marqués par un menhir, un dolmen, un stupa ou tout autre symbole occulte); ensuite, couchez-vous tout nu, sans vêtements car ils gênent la réceptivité des vibrations terrestres, d'abord le corps sur le dos, pour vous décharger de vos tendances négatives (stress, nervosité, angoisse, fatigue, colère), et faites la demande mentale à la terre pour qu'elle draine ces excès. Enfin, dès que vous vous sentez très détendu et paisible, mettez-vous sur le ventre en faisant à nouveau appel à la puissance de la terre. Elle entendra ou sentira votre demande et vous chargera d'une grande force vitale. Vous vous sentirez rempli d'énergie et d'équilibre; la vitalité de la terre coulera dans tout votre corps. Votre esprit sera très stable et empli d'un bonheur parfait. Restez sur le dos et puis sur le ventre aussi longtemps que vous le désirez; l'arrière du corps est de polarité positive et l'avant de polarité négative. L'important est que la puissance de la terre vous remplisse et que l'effet soit effectif sur votre corps et votre esprit. L'amour que vous témoignerez à la terre et à tout ce qu'il y a dessus et en dessous vous plongera dans l'harmonie totale. Une relation et même une fusion constante se feront entre vous et la terre, mère et père de la Vie." (2)



LE MAGNÉTISME

Mesmer et le magnétisme:

« J’ai obtenu la guérison d’une mélancolie vaporeuse avec vomissement spasmodique; de plusieurs obstructions invétérées à la rate, au foie et au mésentère, d’une goutte sereine imparfaite, au degré d’empêcher la malade de se conduire seule; d’une paralysie générale avec tremblement, qui donnait au malade âgé de quarante ans, toutes les apparences de la vieillesse et de l’ivresse; cette maladie était la suite d’une gelure; elle avait été aggravée par les effets d’une fièvre putride et maligne, dont ce malade avait été attaqué en Amérique. J’ai encore obtenu le même succès sur une paralysie absolue des jambes; sur un vomissement habituel qui réduisait la malade à l’état de marasme; sur une cachexie scrofuleuse; et enfin sur une dégénération générale des organes de la transpiration » (3)

Pour rentabiliser les soins, Mesmer conçoit un baquet :

« au milieu d’une vaste salle, doucement éclairée par un demi-jour, voyez-vous plusieurs personnes assises autour d’une table ronde qui forme le couvercle d’une caisse circulaire faite de bois de chêne, élevée d’un pied et demi et ayant six pieds de diamètre ? Cette caisse ou cette cuve est ce qu’on nomme le baquet. Il est rempli d’eau jusqu’à une certaine hauteur et contient au fond un mélange de verre pilé et de limaille de fer ! Sur ces matières, reposent des bouteilles remplies d’eau, et rangées symétriquement de telle sorte que tous les goulots convergent vers le centre ; d’autres bouteilles, disposées en sens opposé, partent du centre et rayonnent jusqu’à la circonférence. Voilà ce que cache habituellement le couvercle du baquet, autour duquel les malades sont assis dans le recueillement d’une foi profonde. Quand le baquet est à sec, ce qui peut être une variante accidentelle du mystère magnétique, ce sont les mêmes dispositions intérieures et les mêmes ingrédients, à l’eau près. Enfin pour augmenter l’intensité des effets attendus, on a souvent muni le baquet de plusieurs lits de bouteilles superposées, mais en observant toujours la double symétrie des goulots convergents et des goulots divergents, condition fondamentale !
Ce couvercle est percé de trous par lesquels sortent, d’espace en espace, des baguettes de verre ou de fer, mobiles et coudées, dont une extrémité plonge dans l’eau, et l’autre extrémité, terminée en pointe, se dirige et s’applique sur le corps des malades. Ceux-ci formant quelquefois plusieurs rangs, ou pour mieux dire, plusieurs cercles concentriques autour du baquet, les baguettes sont plus ou moins longues, afin que tous, d’un peu plus près ou d’un peu plus loin, puissent pomper en même temps et par une voie également directe, dans le réservoir de vie. C’est qu’en effet le baquet, préparé comme nous l’avons dit, est le bassin où se condense le magnétisme animal, le fluide vital par excellence, et qui tendant à s’équilibrer par le rayonnement, va bientôt s’épancher dans tous ces corps malades en émanations salutaires et fortifiantes. D’où vient pourtant ce fluide accumulé dans le baquet et qui doit venir circuler de là dans le corps des malades ? Ni les adeptes, ni le maître n’ont jamais pu, hélas ! répondre clairement à cette question, bien simple, mais bien essentiel. [...]

Une longue corde partant du baquet vient enlacer d’un pli chaque malade sans le serrer, et établir entre eux la communication magnétique. Mesmer prétend que par cette corde, le fluide, après avoir pénétré dans le corps des malades, retournera au réservoir pour en ressortir et y rentrer indéfiniment sans déperdition. Par elle aussi et surtout, le fluide jusqu’à présent inerte ou à peu près, va se mettre en mouvement. Cette corde est une chaîne conductrice, mais dont il faut que le magnétiseur soit lui-même un chaînon  « Alors, dit un des premiers et un des plus fameux disciples de Mesmer, il n’y a plus d’imagination qui tienne ; elle a beau faire pour ou contre, elle ne peut pas plus empêcher l’électricité animale de se produire, que nous ne pouvons empêcher l’électricité artificielle de s’étendre également sur un conducteur quelconque. » [...]

Mesmer préside à toutes ces scènes, il en règle les variations et les progrès ; mais là ne se borne pas son action. Soit que, retiré et assis dans un coin de la salle, il fasse entendre les sons pénétrants et suave de son harmonica; soit que, debout et éblouissant dans son habit lilas et son jabot de Malines, il promène sur ses sujets des regards fascinateurs; soit qu’il circule à pas mesurés autour du baquet magique, distribuant des secours à qui en a besoin, présentant à celui-ci la pointe de sa baguette, à celui-là ses doigts pour activer le mouvement d’un fluide trop paresseux, non seulement il est l’enchanteur suprême qui distribue le charme, mais il prend de sa personne une part active, et la plus grande part à l’œuvre de l’enchantement. C’est par lui que l’action du drame va bientôt monter à son zénith et que s’accomplira le grand mystère du magnétisme animal. » (4)


TRANSFERT DE SA MALADIE

Pour faire passer la fièvre, l'hydropisie ou toute autre maladie du corps d'un homme dans le corps d'un arbre (chêne ou saule de préférence), "vous enlevez un morceau de l'écorce, vous y faites un trou avec une tarière, et vous mettez dans ce trou de l'urine ou des cheveux de la personne malade; ensuite vous replacez l'écorce de manière à couvrir le tout, et la maladie passe du corps de la personne dans celui du chêne. Rien de plus facile." (5)



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Sources
(1) Le paganisme celto-latin chez les peuples contemporains. Paul Sébillot 1908
(1bis) Histoire naturelle Pline l'Ancien, édition Émile Littré 1848-1850
(2) Alchimia-magazine 2007
(3) Histoire du merveilleux dans les temps modernes Louis Figuier, 1860 qui rapporte les propos de Mesmer
(4) Histoire du merveilleux dans les temps modernes Louis Figuier 1860
(5) Histoire du merveilleux dans les temps modernes Louis Figuier 1860 qui rapporte un passage de Philosophie de Moïse de Robert Fludd.

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Photo de Saint Roch: BNF
Photo du baquet de Mesmer: musée d'histoire de la médecine et de la pharmacie de Lyon.