TRÈFLE (Papilionacées)

3 prairial

Son nom botanique est Trifolium: "trois feuilles". Il en existe à l'état sauvage un grand nombre d'espèces, certaines très mellifères, et toutes aimées des moutons qui le paissaient dans les communaux.

On le cultive depuis longtemps comme plante fourragère, et plante d'assolement (il est une source d'azote grâce aux nodules de ses racines), mais actuellement, sa culture périclite comme celle la luzerne et du sainfoin (voir "luzerne" 1er prairial et "sainfoin" 12 floréal).

"En général, le trèfle des prés et celui des montagnes sont ceux qui conviennent le mieux pour les prairies artificielles, ils contiennent en abondance des principes nutritifs pour les bestiaux, et muqueux ; mais il faut prendre garde qu’ils n’en mangent trop. S’ils s’en rassasient souvent, cette herbe, en occasionnant la pléthore, leur procure des maladies graves, le vertige aux chevaux, et la timpanite aux bœufs.
Les trèfles, en médecine, sont réputés vulnéraire et détersifs ; les fleurs du trèfle des prés ont une odeur assez agréable, et un goût légèremnt astringent. On l’emploie intérieurement en décoction pour l’homme, et extérieurement en cataplasme, bouilli dans de l’eau ou du vin. On en tire aussi une eau distillée qu’on dit ophtalmique. On peut en retirer une teinture verte."  (Buffon, Histoire naturelle)

"Sa graine et ses feuilles bues en eau donnent soulagement aux pleurésies et douleurs de côtés, aux difficultés d'uriner, au haut-mal, aux hydropisies qui commencent à venir, et aux femmes qui sont sujettes au mal de la mère; et provoquent le flux menstruel. Quant à la graine on on prend trois dragmes et quatre des feuilles. Les feuilles broyées, et prises en breuvage avec vinaigre miellé, sont fort bonnes aux piqûres de serpents. Quelques uns disent que la fomentation de la décoction de toute la plante, tant des feuilles que des racines, met fin aux douleurs de ceux qui sont mordus des serpents. Mais si un autre qui aurait quelques ulcères, s'étuvait de l'eau dont on aurait fomenté celui qui serait blessé des serpents, il sentirait autant de mal que si un serpent l'avait mordu. D'autres font boire trois feuilles aux fièvres tierces, et quatre aux fièvres quartes, pour résoudre les accès qui viennent à certain temps: sa racine se met aux antidotes, contrepoisons et préservatifs."
(Pierre-André Matthiole Commentaires sur les livres de la matière médicale de Dioscoride)

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