TABAC (Solanacées)

16 messidor

D'après La nouvelle maison rustique, édité en l'an XII:

"Les feuilles de tabac font éternuer cracher et vomir, elles sont anodines, très vulnéraires et utilisées le plus souvent en dehors, car les feuilles vertes du tabac, jus et marc, sont bonnes à toutes plaies, ulcères, écrouelles, gangrène, galle ouverte, teigne, dartre, contusions même invétérées, piqûres de vives, rougeurs du visage, piqûres venimeuses et brûlures. Le tabac donné intérieurement est un violent vomitif propre pour déraciner les fièvres intermittentes opiniâtres et les autres maladies semblables, mais on n'en doit donner qu'avec beaucoup de circonspection, l'usage du tabac est contraire aux jeunes gens et aux bileux.

Fumer le soir empêche de pisser la nuit; l'onguent de tabac de Joubert est excellent contre les écrouelles; le suc de tabac mêlé avec la poudre de dépouille de serpent en forme d'injection, guérit les ulcères fistuleux d'une manière admirable.

La fumée de tabac quoiqu'abusive est pourtant salutaire dans plusieurs maladies du nez et de la gorge, savoir le coryza, la relaxation de la luette, l'inflammation de la gorge et les affections catarrheuses.

Ses feuilles mises dans la décoction des clystères sont singulières pour les dysenteries; son huile, préparée avec égal poids de son jus et d'huile d'olive bouillis ensemble à la consomption du jus, est spécifique contre les chancres des mamelles et des autres parties; son suc appliqué est singulier à la teigne, ayant auparavant rasé la tête du malade; ce même suc mêlé avec graisse humaine et appliqué apaise la douleur et l'inflammation des gouttes.

Cette plante prise intérieurement purge avec trop de violence, c'est pourquoi, on s'en abstiendra. Cette herbe est contraire aux poux et principalement aux puces qu'elle tue, ce qu'on peut éprouver sur les chiens, car dès qu'on les a frottés, soit de l'herbe ou de son suc, elles quittent aussitôt prise et tombent en bas."

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