PAVOT (Papavéracées)

18 prairial

L'encyclopédie de Diderot et d'Alembert en distingue trois sortes:

Le pavot sauvage (coquelicot)
Photo: coquelicots, de Jean Tosti

"Cette plante croît partout dans les champs, le long des chemins, et principalement parmi les blés qu'elle relève par la vivacité de la couleur de ses fleurs. Elle fleurit en Juin et Juillet. Sa graine semée dans les jardins donne une infinite de variétés. [...]
Le pavot rouge ou coquelicot ne fournit à la Médecine que les pétales de ses fleurs. [...] Les fleurs de coquelicot sont regardées comme très  adoucissantes, très  pectorales, comme légèrement diaphorétiques et comme un peu calmantes. On emploie assez communément leur décoction légère, ou leur infusion théiforme à titre de tisane dans la toux opiniâtre et sèche, dans les fluxions de poitrine, les pleurésies, et même dans la petite - vérole."

(Encyclopédie de Diderot et d'Alembert)

Le pavot noir (à graines noires)
Photo: Papaver paeoniflorum



"On cultive le pavot noir dans les jardins, à cause de l'agréable variété de sa fleur qui est grande, tantôt simple, tantôt double, frangée ou non - frangée. On fait entrer ses feuilles dans les onguents pour la brûlure et dans le populeum. [...]
L'huile par expression connue dans plusieurs provinces du royaume sous le nom d'huile d'oeillet ou d'oeillette, et employée par le peuple dans ces pays sans le moindre inconvénient aux mêmes usages auxquels on emploie plus généralement l'huile d'olive; cette huile, dis-je, est retirée des semences de pavot noir."

(Encyclopédie de Diderot et d'Alembert)
Le pavot blanc (à graines blanches)
Photo: Papaver somniferum, de Peter Bach Nicolaisen

C'est celui dont on extrait l'opium.

"Pavot blanc. La seule partie de cette plante qu'on emploie en Médecine est son fruit, ou cette espèce de coque de la figure et à peu près de la grosseur d'un oeuf, qui contient les semences de cette plante, et qui est connue dans l'art sous nom de tête de pavot.
C'est précisément des têtes de pavot blanc, cultivé dans la Natolie et dans quelques contrées voisines, en Perse, etc. qu'on retire l'opium.
Les têtes de pavot de notre pays fournissent par la décoction une substance qui ne diffère de ce fameux extrait que par le degré d'activité, et qui n'a besoin pour produire les mêmes effets que d'être employée en une dose beaucoup plus considérable. [...] L'extrait du pavot que l'on cultive dans les régions tempérées de l'Europe est un narcotique léger, mais sûr: et l'on n'emploie la substance extractive des pavots que pour cette qualité."
(Encyclopédie de Diderot et d'Alembert)


Empoisonnement par l'opium dans Commentaires de Pierre-André Matthiole sur les livres de la matière médicale de Dioscoride:

"... ceux qui ont pris l'opium tombent en un assoupissement et en un sommeil profond: et néanmoins ils sentent une froideur et une démangeaison si grande, que quelquefois elle les éveille. Tout leur corps rend une senteur qui retire à l'opium. Les machoires d'en bas leur tombent; les lèvres leur enflent; ils sanglottent continuellement, ils ont le nez tourné, ils ont le corps pâle et transi, les ongles ternis, leurs parties précordiales s'étendent quasi jusques à rompre; ils ont courte haleine, et froide; et ont la vue trouble, et pour le dernier signe de mort, ils tombent en convulsion et contraction des membres."

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