OSEILLE (Polygonacées)

24 Frimaire

Extraits de l'Encyclopédie Diderot et d’Alembert

"Les feuilles d'oseille dont tout le monde connaît le goût très acide, se mangent dans les potages avec les viandes, le poisson, les oeufs, etc. Cet assaisonnement est regardé avec raison comme très salutaire, et surtout en été, temps auquel il est principalement en usage, parce que c'est là la saison de l'oseille. Il tempère, rafraîchit, donne de l'appétit, et réveille le jeu des parties relâchées par la chaleur. Il n'est cependant utile qu'aux sujets vraiment sains; car on ne doit point le permettre à ceux qui sont sujets aux aigreurs de l'estomac, aux hypocondriaques, aux personnes du sexe qui sont attaquées des pâles couleurs; à ceux qui sont sujets à la toux, à l'asthme, au crachement de sang, car ce sont là les affections principales dans lesquelles les aliments et les assaisonnements acides sont pernicieux.
[...]
Les remèdes tirés des feuilles d'oseille dont nous venons de parler, possèdent toutes les propriétés communes des acides végétaux spontanés. Ils sont rafraîchissants, anti - putrides, utiles dans les coliques bilieuses, les chaleurs d'entrailles, les digestions languissantes, les fièvres ardentes, continues, les fièvres tierces, intermittentes, printanières, etc.

La racine d'oseille n'est point acide; elle a un goût amer et légèrement styptique. On la compte parmi les remèdes apéritifs et diurétiques, et on l'emploie communément à ce titre dans les bouillons et les aposèmes apéritifs. Elle a la propriété singulière, lorsqu'elle est sèche, de donner à l'eau dans laquelle on la fait bouillir une belle couleur rouge délayée. On peut profiter de cette propriété pour faire une tisane dont la couleur imite celle du vin, et tromper avec cette boisson certains malades qui demandent opiniâtrement du vin, et à qui il pourrait être dangereux d'en accorder. Il ne faut pas se mettre en peine dans ce cas qu'ils puissent découvrir la fraude par la différence du goût, parce que ce n'est communément que de la part des malades en délire qu'on a à se délivrer de cette sorte d'importunités; et qu'au surplus on peut toujours leur faire entendre que la maladie leur a perverti le goût."

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