MAÏS (Graminées)

28 fructidor

Il a été introduit en Espagne par Cortes au début du XVIème siècle et sa culture, signalée au Béarn vers la fin du XVIème siècle, s'est développée au XVIIème dans le Languedoc et la vallée du Rhône, la Bresse, l'Alsace. Mais c'est après la Seconde Guerre mondiale que le maïs a conquis la France entière. C'est actuellement en France la céréale la plus cultivée après le blé, plus de trois millions d'hectares lui sont consacrés. La majeure partie de la production sert de fourrage, une part importante du grain est utilisée pour la production de méthanol, pour la production d'huiles et de margarines, pour les céréales du petit déjeuner... On trouve les dérivés du maïs partout (ou presque) aussi bien dans les pizzas, la confiture, le pain, le café soluble, le dentifrice, les plaques de plâtre, le ciment, les peintures, les vernis, les bougies de voitures, la pâte à papier, le plastique biodégradable...

Voici ce qu'en dit La nouvelle maison rustique éditée en l'an XII de la République:

"Le maïs appelé ordinairement blé d'Inde ou de Turquie*, est originaire de l'Amérique..... Ce blé est fort commun dans quelques pays de France, sa culture devrait être plus générale; il est bon à quantité de choses; il vient assez aisément, il fournit toujours un secours assuré dans les famines, parce qu'il n'est pas sujet à quantité d'accidents comme le froment. Avec la farine de ce grain on fait des beignets, de la galette des biscuits et du pain très sain et fort nourrissant. Presque toute l'Amérique, les Indes et une bonne partie de la Turquie ne vivent que du maïs. Quelques médecin le préfèrent au blé commun. Les sauvages en font leur meilleur remède contre les maladies aiguës et on en donne sans danger en toutes sortes de maladies. Les Indiens se nourrissent de gâteaux de maïs, cuits dans des terrines qu'ils mangent tout chauds avec un peu de poivre long, quelques uns en mangent aussi les grains tout verts et ils les trouvent fort nourrissants et d'aussi bon goût que nos petits pois. La farine de ce grain avec de l'eau simple, fait encore la boisson des Indiens. On l'ordonne au lieu de tisane, et ce breuvage devient à la fin un excellent vinaigre.

On fait encore une espèce de miel avec les tuyaux de maïs parce qu'ils sont fort doux avant la maturité du grain. Ses feuilles et ses tuyaux sont une très bonne nourriture pour le bétail, et on les garde même pour l'hiver surtout pour les vaches et les moutons; mais il faut les arracher avant qu'ils soient mûrs, afin qu'ils ne durcissent pas tant. On se sert du maïs entre-autre pour engraisser les chapons. Le pain de maïs est ordinairement assez blanc et plus doux, quoique que plus grossier que le blé ordinaire.

Le maïs est en état de remplacer toutes les préparations alimentaires qu'on obtient avec les farines ordinaires: c'est particulièrement sous forme de bouillie qu'il sert de nourriture: il s'appelle alors selon les endroits, polenta, millenaire, gaudes, mais c'est toujours de la farine de ce grain plus ou moins divisée ou purgée de son, délayée et cuite avec de l'eau ou du lait, et relevé par différents assaisonnements. Cette forme est la plus simple et la plus convenable du maïs."

* En parler charolais-brionnais, le maîs est du "torqui".

calendrier républicain