LAURIER-TIN (Caprifoliacées)

6 pluviôse

On le nomme aussi viorne-tin. C'est un très bel arbuste des garrigues au feuillage persistant vert brillant et qui a la particularité de fleurir tout l'hiver. Ses fleurs roses en boutons deviennent blanches en vieillissant puis sont suivies d'une production de fruits d'abord bleutés puis noirs. Ses fruits sont de violents purgatifs.



Louis de Jaucourt écrit dans l'encyclopédie de Diderot:

"Cet arbrisseau n'est nullement délicat sur la qualité du terrain ; et quoique dans les pays où il vient naturellement, comme en Espagne, en Portugal, en Italie et en France, aux environs de Narbonne, il croisse de lui-même dans des lieux escarpés, pierreux et incultes, cependant il se plaira encore mieux dans une terre franche et humide, à l'exposition du nord et à l'ombre des autres arbres ; qualité très-avantageuse dont on pourrait profiter pour former dans des endroits couverts et serrés, des haies, des séparations et des palissades qui s'éleveraient facilement à huit ou dix pieds, ou que l'on pourra retenir, si l'on veut, à hauteur d'appui. Il n'y a peut-être aucun arbrisseau que l'on puisse multiplier aussi aisément que celui-ci ; il vient de rejetons, de semence, de branches couchées, de boutures et par la greffe comme bien d'autres : mais on peut encore le multiplier par ses racines, et même en piquant dans la terre ses feuilles, qui font racine assez promtement ; la queue de la feuille fait de petites racines, il s'y forme ensuite un oeil qui donne bien-tôt une tige. Il ne faut presque aucune culture à ce laurier, et peu d'attention sur le temps propre à coucher ses branches, ou à en faire des boutures ; tous les temps conviennent pour cela, pourvu que la saison soit douce, et il arrive souvent que les branches qui touchent contre terre y font racine, sans qu'il soit besoin de les couvrir de terre. Si l'on voulait se procurer une grande quantité de ces arbrisseaux, il faudrait en semer des graines, quoique ce soit le parti le plus long et le plus incertain : le temps de les semer est en automne, aussi-tôt qu'elles sont en maturité. Cet arbrisseau est susceptible de toutes les formes qu'on veut lui faire prendre. Il faut le tailler au printemps, après que les fleurs sont passées ; si on le faisait plutôt, on supprimerait les fleurs de l'arrière saison. La serpette convient mieux pour cette opération que le ciseau qui dégrade les feuilles. Sa transplantation demande des précautions, il participe en cela du défaut qui est commun aux arbres toujours verds, qui reprennent difficilement. La meilleure saison de le transplanter est au commencement d'Avril, immédiatement avant qu'il pousse ; on ne peut être assuré de la reprise que quand on a enlevé ces arbrisseaux avec la motte de terre. On doit les arroser souvent, et les tenir couverts de paille jusqu'à ce qu'ils commencent à pousser. Ce laurier n'est pas aussi robuste qu'on pourrait le désirer ; il est quelquefois endommagé par les hivers rigoureux, mais il s'en relève aisément."


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