MOULIN

30 thermidor


Photo: arbre d’un moulin à vent


Il y a des moulins de bien des sortes et pour quantité d’usages différents:
Les moulins à huile servent à casser les noix, les olives, la faîne, la navette, et autres choses dont on exprime le suc pour en faire de l’huile, de même que les moulins à sucre servent à froisser les cannes du sucre.
Les moulins à foulon font lever des maillets de bois qui foulent les draps, et les moulins à toiles, qui leur sont assez semblables, servent à dégorger les toiles qui ont été égayées en sortant de la lessive.
Les moulins à tan servent à réduire le tan en poudre par le moyen de trois gros pilons pointus.
Les moulins à papiers à plusieurs martinets battent les drapeaux, jusqu’à ce qu’ils soient réduits en parcelles si menues, qu’elles font une espèce de pâte.
Les moulins à scies servent à scier des planches; les moulins à forge, à lever un marteau très lourd pour battre le fer et le cuivre.

Il y a aussi des moulins pour élever les eaux, vider les batardeaux, sécher les marais, etc. soit par le moyen des pompes, des godets, des chapelets, comme on voit à Versailles et en Hollande; des moulins à poudre à canon, comme à Essonne et à Verdun; d’autres pour forer, c’est à dire trouer les canons des armes à feu, comme à Cône; et d’autres à faire des lames d’épée comme à Vienne.”
 
Texte: La nouvelle maison rustique, an XII  -   photo: moulin à olives, à moteur animal.



Police des moulins , friponneries des meuniers

1°) Les meuniers fripons font le cercle d’ais carré afin qu’il reste de la farine dans les coins. Ils tiennent ce cercle peu serré, ils font des poches ou recoins et des ouvertures aux ais afin qu’une partie de la farine reste ou tombe ailleurs que dans la huche. On les oblige à avoir leur ais de meule à point rond, biens clos et serrés, ainsi que leur coulisse de chute.
2°) Ils font d’autres infidélités en rebattant et creusant leur meule pour avoir des poches, en mouillant leur ais pour retenir la farine, ou la rendre plus pesante pour ceux qui la prennent au poids; ou bien en y mêlant de l’orge, des pois, des fèves, du son, des recoupes et autres mixtion parmi le bon blé, ou bien encore en serrant les meules, pour moudre plus fin à ceux dont ils prennent le blé, dans le dessein de reprendre leur farine à la mesure, au lieu du poids.
3°) Ils doivent moudre diligemment et chacun suivant son tour d’arrivée, et sans pouvoir garder le grain même qu’ils ont été chercher plus de vingt quatre, ou plus de trente six heures.
4°) Ils doivent avoir des mesures depuis la plus petite jusqu’à la plus grande, bien jaugées, marquées et solides, et des poids et balances bien étalonnés..." (La nouvelle maison rustique, an XII).


Photo: vieux moulin à eau en Forêt Noire.

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