FUMIER

(8 nivôse)




A l’époque révolutionnaire, le fumier est le principal engrais, c’est une denrée précieuse. En général, le fumier de l'étable, de la bergerie, de l'écurie et des clapiers, ne sert que pour engraisser le jardin, espace clos attenant à la maison où l’on cultive les légumes “pour le pot”.

Pour fumer les champs, vaches et moutons sont parqués dans des enclos qu'on déplace régulièrement. "Il y a des cultivateurs qui prennent à louage pour un certain temps plusieurs troupeaux peu nombreux, et qu'ils réunissent pour faire parquer sur leur propre terre; d'autres les font parquer à frais communs sur les terrains qui leur appartiennent à chacun en particulier.... Il est recommandé au berger de réveiller plusieurs fois par nuit les moutons parqués, car toutes les fois que le mouton se réveille, il pisse ou fiente.
( La Nouvelle maison rustique, an XII)
Pour fumer les prés et les vergers, il suffit d'y amener son troupeau, il n'y a (toujours selon La nouvelle maison rustique), "aucune façon à y faire devant ni après le parcage"; mais si c'est une terre à labour, "il est nécessaire de lui donner une ou deux façons avant d'y parquer: le fumier y pénètre mieux, fait un effet meilleur et même plus prompt, il en faut en outre beaucoup moins, et lorsque le parc est retiré du champ, on doit aussitôt lui donner un léger labour, afin que les sels de l'engrais ne se dissipent point".

Ces pratiques ont lieu jusqu'au 19ème siècle en France, où l'agriculture est très routinière. Mais il est des contrées voisines, où les façons de faire sont différentes:

1820: rentabiliser le fumier.
Le comte de Lasteyrie dans Collection de machines, instruments, ustensiles..., écrit:
“C’est en faisant fermenter les urines, les sucs de fumier et l’eau, que les cultivateurs industrieux de quelques parties de la Suisse sont parvenus à sextupler leurs engrais, sans augmenter le nombre de bestiaux. Ainsi ils apportent autant d’art et de soin dans cette opération que le brasseur en met à la confection de la bière. Ils savent le temps et le degré de fermentation qui peuvent donner à une masse d’eau et d’urine une qualité fertilisante égale à celle de l’urine elle même. On pourrait obtenir une quantité prodigieuse d’engrais en faisant fermenter avec l’eau des matières animales et végétales. Cet art bien entendu, et généralisé dans un pays, en quintuplerait les produits. Il serait bien à désirer que le gouvernement français fît faire des expériences à ce sujet par des hommes habiles.”

calendrier républicain