TAUREAU

5 pluviôse


“Un bon taureau doit être gras, gros et bien fait, avoir l’œil noir, éveillé, le regard fier, le front ouvert, la tête courte, les cornes grosses, courtes et noires, les oreilles longues et velues, le mufle grand, le nez court et droit, le cou fort charnu et fort gros, les épaules et la poitrine larges, les reins fermes, le dos droit, les jambes grosses et charnues, la queue longue et bien couverte de poils, l’allure ferme et sûre et le poil rouge.
Il faut qu’il soit de moyen âge, entre trois et neuf ans au plus, et ne doit lui donner que quinze vaches, il s’en approche plus lorsqu’elles sont pleines.

Pour le rendre alerte, on lui donne de temps en temps de l’orge ou de la vesce; et pour le bien mettre en rut, un picotin d’avoine chaque jour de travail. S’il manque d’ardeur pour la vache, il faut prendre une éponge ou un torchon, en frotter la nature de la vache, et ensuite le mufle du taureau, pour que sa vivacité se réveille par l’odorat. Si c’est la vache qui ne veut pas souffrir le mâle, quoiqu’elle ait donné des marques de chaleur, c’est qu’alors sa chaleur serait passée, il faut saisir le moment où elle reviendra....

Le taureau a la chair rougeâtre, plus dure, beaucoup moins nourrissante et moins saine  que le bœuf; on ne vend le taureau que lorsqu’on l’a bien engraissé après l’avoir châtré, encore n’en mange-t-on guère que dans les endroits où l’on manque de bœufs, ou du moins de vaches grasses. Le sang de taureau tué frais passe pour poison, parce qu’il se caille dans l’estomac.”

(La nouvelle maison rustique, an XII)
calendrier républicain