BREBIS

15 thermidor

"Une bonne brebis doit avoir le corps grand, les yeux de même, fort éveillés et non troubles, la queue, les jambes et les tétines longues, le ventre grand et large, la démarche libre et alerte, les jambes bas-jointées, le tête, le cou, le dos et le ventre bien garnis de laine; et cette laine, si la brebis est d’un bon tempérament, doit être longue, soyeuse, déliée, luisante et blanche, les noires ne sont pas si estimées, et les grises ou celles qui sont tachetées de différentes couleurs, le sont encore moins, à cause de l’incertitude de la couleur des laines; mais c’est principalement aux bonnes races qu’il faut s’attacher.
On ne doit point choisir de brebis trop jeunes ni vieilles; celles de deux ans sont bonnes à garder pour le produit, et il ne faut pas les prendre quand elles en ont plus de trois. "


“La chair des brebis est fade, visqueuse et propre à produire des humeurs grossières et un mauvais suc; cependant quand les brebis sont grasses et jeunes, elles sont un assez bon aliment, et souvent on les fait passer pour du mouton.

Le lait de brebis est d’un grand usage dans une maison de campagne, comme il a moins de petit lait que les autres, et qu’il est beaucoup plus gras et butyreux, on en fait du fromage très bon, et de garde. Il est moins nourrissant que celui de vache, l’abondance en est plus ou moins grande, selon que les brebis trouvent de quoi manger: on les trait deux fois le jour, et on commence à le faire aussitôt que les agneaux sont sevrés, jusqu’à ce que les froidures de l’automne fasse tarir le lait."

Produits des bêtes à laine (brebis, moutons et béliers):

"La graisse de mouton produit le meilleur suif, plus blanc et plus ferme que celui du bœuf avec lequel on le mêle presque toujours.
La peau des moutons sert à bien des usages; on en fait du parchemin, de la basane et des couvertures de livres, on en double les manchons des jupes, des vestes, etc.
Après que la peau de mouton a été quelque temps dans la chaux, on lève du dessus une petite peau déliée, dont on fait des éventails et des gants, qu’on appelle gants de cuir de poule; cette peau qui s’appelle canepin, ressemble à celle qu’on appelle dans l’homme l’épiderme.
La laine sert à faire quantité d’étoffes et d’ouvrages comme tapisseries, draps, serges, bas, chapeaux, matelas etc. La ferrandine est une étoffe moitié soie, moitié laine; la tiretaine est moitié laine moitié fil.
Le fumier des bêtes à laine est le plus substantiel, et le plus vif de tous, il engraisse la terre, c’est pourquoi on fait parquer ces animaux dans les champs.
Tout sert dans le mouton jusqu’aux boyaux dont on fait des cordes."

Sources:
illustration: Brebis et agneau, Jean Ferdinand Chaigeau (1830-1906)
texte: La nouvelle maison rustique, an XII

calendrier républicain