BÉLIER

5 thermidor



"On préfère ordinairement, surtout dans les pays froids ou même tempérés, le bélier qui a des cornes à celui qui n'en a point, ils sont plus ardents et les brebis en conçoivent mieux; mais aussi, les béliers cornus incommodent le reste du troupeau, et par jalousie se battent très souvent contre la brebis et surtout contre les autres béliers qu'ils ne peuvent souffrir, au lieu qu'un bélier sans cornes est plus tranquille.

Les béliers cornus sont fort sujets à blesser les brebis et les moutons en doguant* avec leurs cornes; pour arrêter leur furie, on leur perce les cornes avec une tarrière proche des oreilles, à l'endroit où elles se couchent, ou bien on couvre de pointes de fer un petit ais de la largeur de l'entre-deux de ses cornes; on le lie aux cornes du bélier, les pointes tournées vers le front: cela empêche de doguer, parce qu'en donnant de la tête, il se blesserait lui même.

On peut donner cinquante brebis à un bélier, mais pour avoir de plus beaux agneaux, vingt cinq ou trente suffisent." (La nouvelle maison rustique, an XII).


* doguer = cogner du front. Cette habitude du bélier de "doguer" fait qu'on donne le nom de belier à la machine de guerre faite d'une poutre que l'on "dogue" pour enfoncer l'obstacle.

Photo: maquette de bélier - Musée des Arts et Traditions Populaires (Neuilly/Seine)

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